
Petit Traité d'Héraldique à l'Usage des Hérauts
d'Armes Bretonniens
Rick Smith et Eric Sarlin du studio
américain se sont penchés sur les règles de l'héralique
médiévale. Nous avons demandé à l'équipe du studio français
de compléter cet article pour vous aider à choisir les
schémas de couleur de vos propres chevaliers.
L'héraldique
est la science des armoiries qu'arborent les chevaliers et
que l'on retrouve sur leurs oriflammes et gonfalons, ainsi
que sur les livrées de leurs vilains
et les caparaçons de leurs palefrois. Il s'agit d'un
système complexe, aussi bien en Bretonnie qu'à travers
l'Histoire mouvementée du monde réel. Les hypothèses
contradictoires ne manquent pas pour expliquer son apparition
dans l'Europe médiévale. D'aucuns voient son
origine dans les harnois de l'Antiquité, tandis que
d'autres pensent que l'usage a été emprunté aux
musulmans après les croisades. Mais la majorité des
historiens avance que la nécessité de se reconnaître
sur le champ de bataille, alors qu'on porte un heaume, suffit à expliquer
l'apparition de cet art complexe. En effet, en ornant leur
bouclier d'un emblème, les combattants pouvaient être
reconnus par leurs alliés, leurs hommes d'armes et
leurs adversaires. Selon cette hypothèse, l'héraldique
n'aurait eu à ses débuts qu'un rôle signalétique.
Tandis que le système évoluait, ces symboles à présent
héréditaires devinrent source d'honneur et
de prestige tout comme le drapeau national, les logos des
marques commerciales et les couleurs des clubs sportifs d'aujourd'hui.
Durant des siècles, l'héraldique européenne
ne suivit aucun code écrit, tous pouvaient librement
blasonner suivant leurs goûts et les traditions locales
ou familiales. Puis peu à peu, des règles furent
mises en place et les blasons devirent de plus en plus associées à la
noblesse. Un vocabulaire spécifique apparut également,
utilisé pour décrire avec précision
les armoiries. Par exemple, le premier écu du Roi
Louen Cour de Lion, représenté ci-contre, pourrait être
détaillé ainsi : « parti de
gueules et d'azur, au lion rampant d'or ». Il faut
alors comprendre que le bouclier, divisé équitablement
et verticalement en deux, est rouge sur sa droite, bleu à sa
gauche, et qu'il est orné d'un lion jaune se tenant
dressé sur ses pattes arrière.

Vous pouvez vous aussi blasonner, et créer puis reproduire
d'étonnantes armoiries sur vos figurines bretonniennes,
pour peu que vous suiviez quelques règles simples.
Tout d'abord, l'héraldique n'emploie que huit couleurs,
pour que le dessin reste contrasté et visible de loin.
Ces teintes sont classées en deux familles. La première,
celle des émaux, comprend gueules (rouge), azur (bleu),
sable (noir), sinople (vert), pourpre (violet) et orange.
La seconde, celle des métaux, inclus l'or (jaune)
et l'argent (blanc). On peut aussi ajouter des « textures » censées
représenter des fourrures, et une couleur chair, mais
elles sont moins fréquentes. Il arrive également
que certains motifs, en particuliers animaliers, soient peints
dans des tons naturels comme des bruns.
De cette classification découle une règle
fondamentale : il ne faut pas mettre métal sur
métal, ni émail sur émail. En clair,
un motif or sur un fond azur est parfaitement acceptable,
tandis que le même sur un fond argent ne l'est pas.
Cette règle, destinée à être appliquée
dans le cas des grandes surfaces, connaît bien entendu
des exceptions (appelées armes à enquerre),
autant en Bretonnie que dans le Moyen-Âge. Pourtant
le hobbyiste qui aspire à un résultat plaisant
et contrasté a tout intérêt à ne
pas les enfreindre.
Les blasons comprennent deux éléments principaux
dans un cadre en forme d'écu : un fond coloré,
le champ, et un ou plusieurs symboles, ou figures. Outre
les motifs animaliers (qu'ils soient domestiques, sauvages
ou légendaires), les astres, les végétaux,
et des objets divers et variés (armes, outils, bâtiments,
instruments de musique), le champ peut être décoré à l'aide
de moult partitions et de frises géométriques.
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